Vos salariés vous demandent une formation aux premiers secours. Vous hésitez entre le SST et le PSC1 (désormais appelé PSC), persuadé que ces deux diplômes se valent puisqu’ils enseignent les mêmes gestes. C’est une confusion classique, et elle peut vous coûter cher si elle vous conduit à choisir la mauvaise formation.
Cadres réglementaires différents, compétences différentes, obligations différentes : voici ce qui distingue vraiment ces deux dispositifs, et comment choisir celui qui correspond à votre situation d’employeur.
L’essentiel à retenir
- Le SST est une formation orientée entreprise tandis que Le PSC (Premiers Secours Citoyen, anciennement PSC1) est une formation citoyenne, sans lien avec le contexte professionnel ni la prévention des risques au travail.
- L’INRS considère le SST comme la seule formation de secouriste adaptée au milieu professionnel.
- Un titulaire du SST est reconnu équivalent de la formation initiale PSC ; l’inverse n’est pas vrai.
- Le PSC ne suffit pas, à lui seul, à répondre aux obligations légales de l’employeur en matière de secourisme au travail.
Pourquoi la confusion entre SST et PSC est si fréquente
Les deux formations enseignent les mêmes gestes de premiers secours. Voilà ce qu’elles ont vraiment en commun.
Mais sur le plan réglementaire et au regard des obligations de l’employeur, ce sont deux univers distincts. Et les confondre peut vous coûter cher en tant qu’employeur.
Le SST (Sauveteur Secouriste du Travail) est une formation de secouriste ancrée dans le monde du travail et la prévention des risques professionnels. Il est encadré par le Code du travail et piloté par l’Assurance maladie – risques professionnels, via le réseau INRS. Le PSC (Premiers Secours Citoyen), lui, relève de la sécurité civile : il s’adresse à tout citoyen qui veut apprendre à porter assistance, dans la rue, chez lui, en vacances.
Petite précision sur le nom. Depuis le 10 juillet 2024, le terme officiel est « PSC » (Premiers Secours Citoyen). Il remplace l’ancien « PSC1 » (Prévention et Secours Civiques de niveau 1) dans tous les textes (source : Arrêté du 15 juin 2024 – article 5). Vous entendrez encore beaucoup parler de « PSC1 » dans le langage courant, mais il s’agit bien du même diplôme.
La bonne question à se poser n’est donc pas « laquelle est la meilleure ? »
C’est plutôt : quel est votre objectif réel en tant qu’employeur ?
Ce qui distingue concrètement le SST du PSC
Sur le terrain, les gestes techniques appris pour pouvoir intervenir en situation d’urgence sont très proches. Massage cardiaque, position latérale de sécurité, défibrillateur, gestion d’une hémorragie : tout cela, vous le retrouvez dans les deux formations.
Là où ça change vraiment, c’est sur le cadre, les compétences ajoutées et les obligations de suivi. Le tableau ci-dessous met les choses au clair.
| Critère | SST | PSC |
|---|---|---|
| Cadre réglementaire | Code du travail / Assurance maladie – risques professionnels | Sécurité civile |
| Public visé | Salariés en entreprise | Tout citoyen |
| Objectif principal | Secourir une victime au travail ET participer à la prévention des risques professionnels | Porter assistance à une personne en situation de péril grave |
| Compétences spécifiques | Repérage des dangers, alerte adaptée à l’organisation interne, prévention des risques professionnels | Gestes de premiers secours en situation courante |
| Durée de la formation initiale | 14 heures (2 jours) | 7 heures minimum |
| Validité du certificat | 24 mois | Pas de durée de validité réglementaire |
| Recyclage obligatoire | Oui (MAC SST, 7 h minimum tous les 24 mois) | Non |
| Équivalence vers l’autre | Reconnu équivalent du PSC | Non reconnu équivalent du SST |
Trois points à retenir de ce tableau.
1) Le SST va plus loin que le secourisme pur : il développe des compétences de sauveteur au service de la sécurité et de la prévention en entreprise. Il intègre deux compétences absentes du PSC : participer activement à la prévention des risques dans l’entreprise, et adapter l’alerte à l’organisation interne des secours. Concrètement, votre SST sait à qui téléphoner, où se trouve la trousse, quels risques surveiller dans votre atelier.
2) Le PSC1 forme un citoyen capable d’intervenir dans la vie courante, pas un acteur de la prévention des risques en entreprise. Il prépare à agir face à un péril grave dans la vie courante. Aucun lien avec le contexte professionnel, ni avec la prévention des risques au travail.
3) Le suivi dans le temps n’a rien à voir. Le SST exige un maintien et actualisation des compétences (MAC SST) tous les 24 mois. Le PSC, lui, n’impose aucun recyclage réglementaire (source : Arrêté du 21 décembre 2020 – article 1).
Bon à savoir : les gestes de secours enseignés sont en grande partie les mêmes. La vraie différence, ce n’est pas ce qu’on apprend à faire, mais dans quel cadre on apprend à le faire.
Ce que disent les textes officiels pour l’entreprise
Avant d’arbitrer entre SST et PSC, il faut savoir ce que la réglementation et les institutions disent réellement. Spoiler : le Code du travail est plus souple qu’on ne l’imagine, mais l’INRS, lui, est très clair.
Ce qu’impose le Code du travail
L’employeur doit organiser les secours et la prise en charge en cas d’accident ou d’urgence pour chaque salarié. Et dans certains cas précis, il doit s’assurer qu’au moins un salarié est formé au secourisme : dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux, et sur chaque chantier employant au moins 20 travailleurs pendant plus de 15 jours où sont réalisés des travaux dangereux (source : Code du travail – article R. 4224-15).
Point important : le Code du travail n’impose pas un diplôme précis, mais une formation au secourisme adaptée au niveau de risque et à la situation de l’établissement. Il exige une formation au secourisme, sans nommer le SST ni le PSC.
Ce que recommande l’INRS
L’INRS considère le SST comme la seule formation de secouriste réellement adaptée à l’entreprise.
Cette position s’appuie sur trois éléments :
- Le SST ajoute aux gestes de secours des compétences liées à la connaissance de l’entreprise.
- Il intègre la prévention des risques professionnels dans son référentiel.
- Il aligne l’alerte et l’intervention sur l’organisation interne des secours de l’établissement.
L’INRS précise aussi que le choix du dispositif de formation doit s’apprécier en fonction des risques propres de l’entreprise, de la taille de l’établissement, des acteurs présents et de la situation géographique.
Les équivalences entre les deux diplômes
C’est là qu’il faut être attentif, parce que la règle ne va que dans un sens.
SST vers PSC : équivalence reconnue. Un titulaire du certificat SST est reconnu, par équivalence, comme titulaire de la formation initiale PSC. Concrètement : votre SST est aussi un citoyen sauveteur, en dehors de l’entreprise.
PSC vers SST : aucune équivalence. Un salarié titulaire du PSC n’est pas automatiquement SST. Pour devenir SST, il doit suivre la formation initiale et valider l’ensemble des compétences du référentiel.
Le cas particulier du registre des accidents bénins
Il existe un cas où le SST n’est pas seulement recommandé : il est exigé. Pour tenir le registre de déclaration des accidents du travail bénins, l’établissement doit assurer la présence permanente d’une personne détentrice d’un diplôme national de secouriste complété par le diplôme de SST (source : Code de la sécurité sociale – article D. 441-1). Le PSC seul ne suffit pas pour cette démarche.
Comment choisir selon votre objectif réel
La règle est simple : votre choix dépend de ce que vous cherchez à couvrir. Voici les deux cas de figure les plus fréquents.
Objectif : conformité réglementaire et prévention en entreprise
Dans ce cas précis, le SST est la formation nécessaire pour répondre à vos obligations en tant qu’employeur et mettre en place une prévention efficace.
Il couvre à la fois le besoin de secourisme au travail et la démarche de prévention des risques professionnels. Il est reconnu par les organismes de prévention comme la formation spécifiquement conçue pour le milieu professionnel. Et c’est le seul à satisfaire certaines exigences réglementaires précises, comme le registre des accidents bénins.
Vous obtenez ainsi une double compétence : secours et prévention. Votre salarié formé devient un acteur du quotidien de la sécurité, pas seulement quelqu’un qui sait réagir une fois l’accident arrivé.
Voir les détails de notre Formation de Sauveteur Secouriste du Travail (SST) : programme, objectifs, risques couverts et préventions associées…
Objectif : sensibilisation générale aux premiers secours
Le PSC1 peut alors avoir sa place pour apprendre les gestes de secours au grand public salarié, mais en complément, jamais en remplacement d’une formation SST obligatoire en entreprise.
Pourquoi ? Parce qu’il ne répond pas aux besoins spécifiques de l’entreprise en matière de prévention des risques professionnels. Et il ne dispense pas de former des SST si l’obligation légale s’applique à votre établissement.
En revanche, il peut constituer un premier pas intéressant pour des salariés qui souhaiteraient ensuite suivre la formation SST complète, ou pour une démarche de sensibilisation collective sur la base du volontariat.
Les critères pour arbitrer
L’INRS recommande de fonder votre décision sur quatre critères concrets :
- La nature et le niveau des risques professionnels de l’entreprise
- La taille de l’établissement et les effectifs concernés
- L’organisation interne des secours
- La situation géographique, notamment l’éloignement des services d’urgence
