Vente d’alcool la nuit : quelles sont les règles à respecter ?
Les règles pour vendre de l’alcool la nuit changent selon que vous vendez à emporter ou sur place.
Visuel
Dans cet article, je vous explique pas à pas les règles de vente d’alcool la nuit, que ce soit sur place ou à emporter.
Concrètement, vous allez apprendre :
- Quelles formations et autorisations sont obligatoires selon votre type de vente
- Les horaires légaux et les interdictions spécifiques (stations-service, alcool réfrigéré…)
- L’obligation de proposer ou mettre à disposition des éthylotests
- Les sanctions en cas de manquement (amendes, fermeture administrative)
- Les bonnes pratiques pour rester en conformité sans stress
J’ai construit l’article en séparant d’abord les règles communes aux deux types de vente, puis en détaillant les obligations spécifiques à la vente à emporter et à la vente sur place dans deux onglets dédiés. Comme ça, vous allez directement à ce qui vous concerne.
À la fin de l’article, vous trouverez une FAQ qui répond aux questions les plus fréquentes.
L’essentiel à retenir
- La vente d’alcool « la nuit » désigne toute vente (à emporter ou sur place) réalisée entre 22h et 8h. Dès 22h01, des règles spécifiques s’appliquent.
- Les obligations varient selon que vous vendez à emporter (épicerie, livraison) ou sur place (bar, restaurant).
- Pour vendre de l’alcool à emporter la nuit, vous devez suivre la formation PVBAN (Permis de Vente de Boissons Alcooliques la Nuit), valable 10 ans.
- Pour vendre de l’alcool sur place la nuit, vous devez détenir une licence adaptée (licence III ou IV) et avoir suivi la formation « Le permis d’exploitation »
- Tous les commerces vendant de l’alcool à emporter doivent proposer des éthylotests à la vente (minimum 10 ou 25 selon la taille du rayon alcool).
- Les stations-service ne peuvent vendre de l’alcool qu’entre 8h et 18h
- Les bars ouverts entre 2h et 7h du matin doivent mettre gratuitement à disposition au moins 50 éthylotests près de la sortie.
- Les amendes en cas de manquement vont de 1 350 € à 7500 €. Les fermetures administratives sont rares et concernent surtout les récidives graves.
Vente d’alcool la nuit : de quoi parle-t-on ?
La vente d’alcool « la nuit » désigne toute vente (à emporter ou sur place) réalisée entre 22h et 8h. Ces horaires sont fixés par la loi nationale et s’appliquent partout en France.
Concrètement :
- Vous vendez une bouteille de vin à 21h59 : pas de réglementation spécifique
- Vous vendez la même bouteille à 22h01 : vous entrez dans le régime de la vente nocturne
Selon que vous vendez de l’alcool à emporter (épicerie, livraison) ou sur place (bar, restaurant), les obligations ne sont pas les mêmes. Les sections suivantes détaillent chaque cas.
À savoir : Votre mairie peut décider d’interdire la vente d’alcool avant 22h (dès 20h par exemple) si elle constate des troubles à l’ordre public ou des nuisances nocturnes dans votre quartier. Mon conseil, avant d’ouvrir, vérifiez auprès de votre mairie s’il existe un arrêté local plus restrictif.
Les tranches horaires à connaître
Attention, la définition officielle peut vous induire en erreur (je le constate souvent lors de mes sessions de formation). Tous les établissements ne sont pas autorisés à vendre de l’alcool sur toute la plage horaire 22h–8h. Cette plage correspond au cadre légal général, mais dans les faits, les autorisations varient selon votre type d’activité et des arrêtés locaux
| Type d’établissement | Tranche horaire autorisée | Règle principale |
|---|---|---|
| Commerces à emporter (épiceries, cavistes, livraisons) | 22h → 8h | Vente possible uniquement si vous êtes titulaire du PVBAN . Vérifiez si un arrêté municipal est plus restrictif. |
| Bars, restaurants | Jusqu’à l’heure de fermeture autorisée (variable selon arrêté) | Pas d’interdiction nationale spécifique après 22h. Les horaires de fermeture sont fixés par arrêté préfectoral/municipal. |
| Bars de nuit / discothèques | En général jusqu’à 7h max avec arrêt de vente d’alcool 1h30 avant fermeture (selon autorisation locale d’ouverture tardive) | Vocation nocturne, contrôle spécifique et éthylotests obligatoires. |
| Stations-service | Vente autorisée : 8h → 18h (interdiction de vente 18h → 8h) | Interdiction permanente de vendre des boissons alcoolisées réfrigérées. |
Vente d’alcool à emporter la nuit
Qui est concerné par cette réglementation ?
Dès que vous vendez de l’alcool à emporter entre 22h et 8h, vous êtes soumis à cette réglementation, quel que soit votre type d’établissement ou votre volume d’activité (source : Code de la santé publique – article L.3331-4). Pas de seuil de chiffre d’affaires : même si l’alcool représente 5 % de vos ventes, l’obligation s’applique dès la première vente nocturne.
Tous les commerces à emporter sont concernés :
- Les épiceries de nuit
- Les supermarchés et hypermarchés
- Les stations-service avec rayon alcool
- Les cavistes
- Les magasins de proximité
La vente en ligne est aussi concernée
Si vous livrez de l’alcool entre 22h et 8h, vous êtes également soumis à cette réglementation. Cela inclut :
- Le Click & Collect nocturne : si le client récupère sa commande (avec alcool) entre 22h et 8h
- La livraison par coursier : même si c’est un tiers (Uber Eats, Deliveroo) qui livre, c’est vous le vendeur qui êtes responsable. Lors de la livraison, le livreur doit obligatoirement vérifier que l’acheteur est majeur avant de remettre la commande. En cas de doute ou d’absence de pièce d’identité, la livraison d’alcool doit être refusée.
- Le drive : retrait en voiture entre 22h et 8h
Bon à savoir : La vente d’alcool par distributeur automatique est strictement interdite, quelle que soit l’heure (source : Code de la santé publique – article L.3322-8). Si vous envisagez un système de retrait automatique (casiers, consignes), assurez-vous qu’un vendeur valide la commande et l’identité de l’acheteur avant la mise à disposition.
Rappel : Si vous avez aussi un espace de consommation sur place (bar intégré à votre supérette), vous devez également respecter le régime du permis d’exploitation.
Que faut-il pour vendre de l’alcool à emporter la nuit ?
Pour vendre de l’alcool à emporter entre 22h et 8h, vous devez respecter 3 obligations légales. Ces règles s’appliquent à tous les commerces concernés, y compris la vente en ligne.
Rappel : conditions de base
Vous devez être majeur et ne pas avoir de condamnation pour proxénétisme, vol, escroquerie, stupéfiants ou alcoolémie
1. Suivre la formation PVBAN
Le Permis de Vente de Boissons Alcooliques la Nuit (PVBAN) est une formation obligatoire pour toute vente d’alcool à emporter entre 22h et 8h (source : Code de la santé publique – article L.3331-4). Cette formation est distincte du permis d’exploitation classique de 20 heures : elle se concentre spécifiquement sur les enjeux et obligations liés à la vente nocturne.
L’exploitant du commerce doit suivre cette formation, ou désigner une personne responsable de la vente nocturne qui la suivra à sa place. L’attestation obtenue est valable 10 ans (source : Code de la santé publique – article L.3332-1-1), après quoi vous devez la renouveler.
Depuis l’arrêté du 21 septembre 2020, vous pouvez suivre cette formation à distance. Seuls les organismes agréés par le préfet sont habilités à délivrer l’attestation PVBAN (source : Code de la santé publique – article R.3332-4). C’est le cas de RH Reflex, qui dispense la formation PVBAN en présentiel et en ligne.
Vérifiez toujours que l’organisme choisi figure bien sur la liste des centres agréés de votre département. Une fois votre attestation obtenue, conservez-la précieusement : vous devrez la présenter en cas de contrôle.
2. Proposer des éthylotests à la vente
Depuis le 1er juillet 2021, tous les commerces vendant de l’alcool à emporter doivent proposer des éthylotests à leurs clients (source : arrêté du 30 mars 2021). Cette obligation vise à sensibiliser les consommateurs aux risques de l’alcool au volant, notamment lors des achats nocturnes.
Vous devez avoir au moins 10 éthylotests en stock si votre linéaire alcool fait 20 mètres ou moins, et au moins 25 s’il dépasse 20 mètres. Placez-les à proximité du plus grand linéaire alcool de votre magasin, de manière visible et signalée. Si vous êtes un magasin spécialisé (caviste), placez-les près de la caisse. Vous devez également informer vos clients de leur disponibilité par un affichage visible.
Si vous vendez de l’alcool sur un site internet, vous devez afficher un bandeau informatif sur la page de paiement indiquant la disponibilité d’éthylotests à la vente (source : arrêté du 30 mars 2021 – articles 1 à 3).
3. Afficher les informations réglementaires
Vous devez obligatoirement afficher dans votre commerce deux affiches officielles : l’une sur la protection des mineurs (interdiction de vendre de l’alcool aux moins de 18 ans), l’autre sur la répression de l’ivresse publique (sanctions encourues). Les modèles officiels de ces affiches sont fixés par l’arrêté du 17 octobre 2016. Elles doivent être visibles et lisibles par vos clients.
Vous pouvez télécharger gratuitement ces affiches sur service-public.fr ou les commander auprès d’organismes agréés.
Cas particulier : Stations-service
Si vous exploitez une station-service, attention : les horaires de vente d’alcool sont encore plus restrictifs. Vous ne pouvez pas vendre d’alcool entre 18h et 8h (et non 22h–8h comme les autres commerces). De plus, la vente de boissons alcooliques réfrigérées est strictement interdite, quelle que soit l’heure (source : Code de la santé publique – article L.3322-9).
Mon conseil : Si vous gérez une station-service, affichez les horaires interdits (18h–8h) bien en évidence pour vos équipes, notamment près de la caisse. Formez-les spécifiquement sur cette règle, car elle diffère des autres commerces. Pensez également à retirer les boissons alcooliques des réfrigérateurs : même non vendues, leur présence au frais peut être sanctionnée.
Que risquez-vous en cas de non-respect ?
Je le constate régulièrement avec les exploitants que je forme : les sanctions en cas de non-respect de la réglementation sur la vente d’alcool la nuit sont bien réelles. Les amendes varient de 750 € à 7500 € selon la gravité de l’infraction, et peuvent s’accompagner d’une fermeture administrative ou d’une interdiction d’exploiter.
Bon à savoir :
En France, les contraventions sont classées de 1 à 5 selon leur gravité. La plupart des manquements à la réglementation PVBAN relèvent d’une contravention de 5ᵉ classe, soit le niveau le plus élevé.
Si vous ne détenez pas le PVBAN, si votre stock d’éthylotests est insuffisant ou si vos affichages obligatoires sont absents, vous risquez une amende pouvant aller jusqu’à 3750 € et une fermeture administrative de votre commerce pour une durée maximale de 6 mois (source : Code de la santé publique – article L.3351-6).
Les sanctions sont encore plus lourdes si vous vendez de l’alcool à un mineur ou à une personne en état d’ivresse manifeste : amende de 7500 €, interdiction d’exploiter pendant un an maximum, et fermeture administrative de votre établissement (source : Code de la santé publique – article L.3353-3).
Si vous exploitez une station-service, les mêmes sanctions s’appliquent en cas de vente d’alcool entre 18h et 8h ou de mise en vente de boissons alcoolisées réfrigérées (source : Code de la santé publique – article L.3322-9).
A savoir : Ces sanctions peuvent se cumuler rapidement. La formation PVBAN vous donne les clés pour éviter ces erreurs au quotidien. Formez également vos équipes, notamment sur la vérification de l’âge et le refus de vente en cas d’ivresse. En cas de doute, refusez la vente : c’est toujours la décision la plus sûre.
Vente d’alcool sur place la nuit
Qui est concerné par cette réglementation ?
La vente d’alcool sur place la nuit concerne tous les établissements qui servent de l’alcool à consommer immédiatement dans leurs locaux. Vous êtes concerné si vous tenez un bar, un café, un restaurant, une brasserie, une discothèque, ou encore une salle de réception.
Que faut-il pour vendre de l’alcool sur place la nuit ?
Pour vendre de l’alcool sur place la nuit, vous devez respecter plusieurs obligations. Voici ce que vous devez faire concrètement :
Rappel : conditions de base
Vous devez être majeur et ne pas avoir de condamnation pour proxénétisme, vol, escroquerie, stupéfiants ou alcoolémie
1. Détenir une licence adaptée à votre activité
Si vous vendez des boissons fermentées (bière, vin, cidre, hydromel) ou des boissons alcoolisées jusqu’à 18° d’alcool, vous devez détenir une licence III. Si vous vendez toutes les boissons alcoolisées, y compris les spiritueux de plus de 18°, vous devez détenir une licence IV, aussi appelée grande licence ou licence de plein exercice (source : Code de la santé publique – article L.3331-1).
Attention : une licence restaurant ne suffit pas si vous servez de l’alcool en dehors des repas. Dans ce cas, il faut aussi une licence III ou IV.
2. Respecter vos horaires d’exploitation et les arrêtés locaux
Contrairement à la vente à emporter, la vente d’alcool sur place n’est pas soumise à une interdiction horaire nationale. Vous pouvez servir de l’alcool tant que votre établissement est ouvert. Attention toutefois : certaines préfectures ou mairies imposent des restrictions horaires locales, notamment dans les zones touristiques ou sensibles. Vérifiez les arrêtés préfectoraux et municipaux en vigueur dans votre commune.
Cas particulier : Discothèques
Si vous exploitez une discothèque, vous pouvez ouvrir jusqu’à 7h du matin maximum, mais vous devez arrêter le service d’alcool 1h30 avant la fermeture (source : Circulaire du 19 février 2010). Par exemple, si vous fermez à 7h, vous devez arrêter de servir de l’alcool à 5h30.
3. Proposer gratuitement des éthylotests à vos clients
Vous devez mettre à disposition gratuitement au moins 50 éthylotests dans votre établissement, avec une signalétique visible à proximité de la sortie. Une notice d’utilisation normalisée doit accompagner les dispositifs (source : Instruction du 27 septembre 2016). Cette obligation s’applique à tous les débits de boissons, quelle que soit l’heure de vente.
4. Afficher les informations obligatoires de manière visible
Vous devez afficher les informations relatives à la protection des mineurs et à la répression de l’ivresse publique. Vous devez aussi afficher vos prix de manière lisible, conformément à la réglementation sur l’information du consommateur.
5. Refuser certaines ventes, quelle que soit l’heure
Vous ne pouvez pas vendre d’alcool à un mineur de moins de 18 ans, ni à une personne en état d’ivresse manifeste (source : Code de la santé publique – article L.3353-3). Ces interdictions s’appliquent en permanence et concernent tous les types de boissons alcoolisées.
Mon conseil : Vérifiez régulièrement les arrêtés préfectoraux et municipaux de votre commune : ils peuvent évoluer, notamment en période estivale ou lors d’événements particuliers. Formez vos équipes à vérifier systématiquement l’âge des clients et à refuser poliment mais fermement la vente en cas d’ivresse manifeste. C’est votre responsabilité en tant qu’exploitant, et les contrôles sont fréquents.
Que risquez-vous en cas de non-respect ?
Les sanctions en cas de non-respect de la réglementation sur la vente d’alcool sur place la nuit sont bien réelles. Les amendes varient de 750 € à 7500 € selon la gravité de l’infraction, et peuvent s’accompagner d’une fermeture administrative ou d’une interdiction d’exploiter.
Bon à savoir :
En France, les contraventions sont classées de 1 à 5 selon leur gravité. La plupart des manquements à cette réglementation relèvent d’une contravention de 5ᵉ classe, soit le niveau le plus élevé.
Si vous ne détenez pas la licence adaptée, si votre stock d’éthylotests est insuffisant ou si vos affichages obligatoires sont absents, vous risquez une amende pouvant aller jusqu’à 7500 € et une fermeture administrative de votre établissement pour une durée maximale de 6 mois (source : Code de la santé publique – article L.3352-7).
Les sanctions sont encore plus lourdes si vous vendez de l’alcool à un mineur ou à une personne en état d’ivresse manifeste : amende de 7500 €, interdiction d’exploiter pendant un an maximum, et fermeture administrative de votre établissement (source : Code de la santé publique – article L.3353-3).
Si vous ne respectez pas les arrêtés préfectoraux ou municipaux qui limitent vos horaires de vente, vous vous exposez également à une fermeture administrative.
A savoir : Ces sanctions peuvent se cumuler rapidement. La formation PVBAN vous donne les clés pour éviter ces erreurs au quotidien. Formez également vos équipes, notamment sur la vérification de l’âge et le refus de vente en cas d’ivresse. En cas de doute, refusez la vente : c’est toujours la décision la plus sûre.
Contrôles et inspections : à quoi vous attendre ?
Les contrôles sur la vente d’alcool sont fréquents et peuvent être réalisés à tout moment par la police nationale, la gendarmerie, la police municipale, les douanes ou les services de la préfecture. Ces agents vérifient que vous respectez bien vos obligations dont nous avons parlé ci-dessus.
Si une infraction est constatée, les agents peuvent dresser un procès-verbal et, dans les cas les plus graves, proposer une fermeture administrative temporaire de votre établissement. Vous recevrez alors une copie du procès-verbal : conservez-la précieusement, elle vous sera utile en cas de recours.
Pour éviter toute mauvaise surprise, gardez toujours vos documents à portée de main : attestation de formation PVBAN ou permis d’exploitation, licence (si vous vendez sur place), et justificatifs d’achat des éthylotests.
Affichez vos autorisations de manière visible, idéalement près de la caisse ou de l’entrée.
En cas de contrôle, restez courtois et coopératif : les agents apprécient les exploitants qui connaissent leurs obligations et les respectent.
Bonnes pratiques pour respecter la réglementation
Voici quelques conseils listés en vrac pour éviter les erreurs au quotidien :
- Formez vos équipes régulièrement aux règles essentielles (horaires, vérification d’identité, refus de vente).
- Vérifiez les arrêtés locaux plusieurs fois par an, notamment en période estivale ou lors d’événements particuliers.
- Maintenez vos affichages visibles et à jour : un affichage déchiré ou illisible peut être sanctionné.
- Anticipez les contrôles en gardant toujours vos documents à portée de main (attestation PVBAN, licence, justificatifs éthylotests).
- Encouragez vos clients à utiliser les éthylotests avant de prendre le volant.
Questions fréquentes sur la vente d’alcool la nuit
Un bar qui ferme à 2h doit-il aussi proposer des éthylotests ?
Non. L’obligation de mise à disposition gratuite d’éthylotests ne concerne que les établissements ouverts entre 2h et 7h du matin, comme les bars de nuit ou les discothèques (source : Code de la santé publique – article L.3341-4). Si vous fermez avant 2h, vous n’êtes pas concerné par cette obligation.
Un food-truck ou commerce ambulant peut-il vendre des alcools forts la nuit ?
Non. Les marchands ambulants ne peuvent vendre que des boissons du groupe 3, c’est-à-dire jusqu’à 18° d’alcool (bière, vin, cidre). Les alcools plus forts, comme les spiritueux, sont strictement interdits (source : Code de la santé publique – article L.3322-6). Cette règle s’applique quelle que soit l’heure de vente.
Qui peut ordonner la fermeture immédiate d’un établissement ?
Le préfet peut ordonner une fermeture administrative immédiate pour des motifs d’ordre public ou en cas d’infractions graves. Dans certains cas, le maire peut aussi le faire par délégation (source : Code de la santé publique – articles L.3332-15 et L.3351-6). Cette fermeture peut être temporaire ou définitive selon la gravité des faits.
Si je ferme à 22h pile, suis-je concerné par la réglementation « nuit » ?
Non, à condition que la vente soit terminée avant 22h00 précises. Dès 22h01, vous entrez dans le régime nocturne et vous devez détenir le PVBAN. En pratique, pour éviter tout risque lors d’un contrôle, je vous conseille de couper les ventes d’alcool à 21h55. Cela vous laisse une marge de sécurité.
Mon salarié en caisse peut-il vendre de l’alcool après 22h s’il n’a pas suivi la formation PVBAN ?
Oui, à condition que vous, l’exploitant titulaire du PVBAN, soyez présent ou responsable de la vente nocturne. Si vous êtes absent, votre salarié doit lui-même être formé ou désigné formellement comme responsable de la vente de nuit. Dans ce cas, c’est lui qui doit détenir le PVBAN.
Dois-je refaire le PVBAN si je déménage ou change de gérance ?
Non, le PVBAN reste valable 10 ans pour la personne titulaire, quel que soit le lieu d’exploitation. En revanche, si l’exploitant change (nouveau gérant, nouvelle société), le nouveau titulaire doit suivre la formation et obtenir son propre PVBAN.
Dois-je faire une déclaration spécifique pour vendre la nuit ?
Non, aucune déclaration supplémentaire n’est requise si vous détenez déjà votre licence (pour la vente sur place) et votre PVBAN (pour la vente à emporter). Attention toutefois : certaines mairies peuvent exiger une autorisation complémentaire d’ouverture nocturne. Vérifiez auprès de votre mairie avant d’ouvrir.
Un commerce qui ne vend pas habituellement d’alcool (ex. épicerie bio) mais qui en vend exceptionnellement la nuit est-il concerné ?
Oui, dès la première vente d’alcool entre 22h et 8h, le régime s’applique. Aucun seuil de volume ou de fréquence ne vous dispense du PVBAN. Même si vous ne vendez qu’une bouteille de vin par mois après 22h, vous devez détenir le PVBAN.
Le PVBAN est-il valable pour plusieurs établissements ?
Oui, tant que c’est le même exploitant et que les établissements dépendent de la même entité juridique (même SIRET). Si vous exploitez plusieurs commerces sous des structures juridiques différentes, chaque exploitant doit disposer de son propre PVBAN.
Une fermeture administrative suspend-elle la validité du permis ?
Non, la fermeture administrative ne suspend pas automatiquement votre PVBAN ou votre permis d’exploitation. En revanche, elle peut entraîner leur retrait définitif en cas de récidive. Le préfet peut aussi refuser le renouvellement de votre PVBAN ou de votre permis d’exploitation si vous avez commis des manquements graves.
Un caviste qui ferme à 21h30 doit-il suivre la formation PVBAN ?
Non, tant qu’il ne vend aucun alcool après 22h. En revanche, s’il ouvre exceptionnellement plus tard (marché nocturne, événement spécial), il entre dans le régime nocturne et doit disposer du PVBAN, même pour une seule soirée.
Un restaurant qui fait aussi de la vente à emporter après 22h a-t-il besoin des deux permis ?
Oui. Pour le service sur place (consommation au restaurant), vous devez détenir un permis d’exploitation. Pour la vente à emporter après 22h (bouteilles vendues à emporter), vous devez aussi détenir le PVBAN. Les deux formations sont distinctes, même si vous pouvez les suivre dans le même centre agréé.
Peut-on vendre de la bière sans alcool après 22h ?
Oui, les boissons sans alcool (groupe 1) ne sont pas soumises au PVBAN. Attention : seules les boissons à 0,0 % d’alcool en volume sont considérées comme non alcoolisées. Une bière à 0,5 % reste une boisson alcoolisée et entre dans le régime nocturne.
En cas de contrôle, combien de temps dois-je conserver les justificatifs (attestation, factures d’éthylotests) ?
Il n’y a pas de durée légale spécifique, mais je vous recommande de les conserver pendant 5 ans. C’est cohérent avec les délais de prescription administrative et fiscale. En pratique, gardez toujours votre attestation PVBAN à portée de main, et archivez vos factures d’éthylotests avec vos autres documents comptables.
Puis-je refuser de vendre à quelqu’un qui semble déjà ivre avant 22h ?
Oui, et vous devez le faire. L’interdiction de servir une personne en état d’ivresse manifeste s’applique à toute heure, que ce soit avant ou après 22h (source : Code de la santé publique – article L.3353-3). En cas de doute, refusez la vente : c’est toujours la décision la plus sûre.
Je tiens une épicerie : puis-je vendre autant d’alcool que je veux ?
Non. La vente d’alcool doit rester une activité de « dépannage » dans une épicerie ou un commerce de nuit. En pratique, les autorités considèrent généralement qu’elle ne doit pas dépasser environ 5 % de votre chiffre d’affaires total. Au-delà, votre activité peut être requalifiée en « débit de boissons », ce qui implique des obligations plus strictes : licence III ou IV, permis d’exploitation
Partagez cet article
Yohan Rossi
Chef de cuisine et de pâtisserie, formateur en hygiène, passionné de bistronomie et de cuisine éco-responsable.
