Licence IV pour débit de boissons : coût, conditions et démarches

Sans elle, vendre du whisky est interdit

Vérifié par Yohan Rossi

Dans cet article, je vous donne les détails essentiels à savoir sur la licence IV pour débit de boissons. D’ailleurs, si vous n’êtes pas certain que ce soit l’autorisation la plus adaptée à votre concept, je vous invite à consulter au préalable mon guide complet sur le permis d’exploitation.

Vous apprendrez :

  • ce qu’elle autorise exactement
  • comment l’obtenir
  • combien elle coûte
  • et quelles obligations respecter.

L’essentiel à retenir

  • Il n’est plus possible de créer une nouvelle licence IV : pour en obtenir une, il faut racheter une licence existante ou la transférer depuis une autre commune, avec autorisation du préfet.
  • Le coût moyen se situe entre 30 000 et 40 000 euros.
  • Pour l’obtenir, vous devez suivre une formation obligatoire en permis d’exploitation. Vous devez aussi être majeur, juridiquement capable et sans condamnations incompatibles.
  • Toute ouverture ou reprise se déclare en mairie (ou à la préfecture de police à Paris) au moins 30-40 jours avant.

Qu’est-ce qu’une licence IV et à quoi sert-elle ?

La licence IV, c’est la licence la plus complète pour vendre de l’alcool. Elle autorise la vente de toutes les boissons alcoolisées, sans limite de degré, à consommer sur place ou à emporter. C’est elle qui distingue un simple débit de boissons d’un établissement avec bar complet.

Concrètement, cette licence permet de servir tous les alcools : bières, vins, apéritifs, mais aussi les spiritueux de plus de 18° (whisky, vodka, rhum, etc.). C’est la seule qui offre ce droit complet (source : Code de la santé publique – articles L.3331-1 et L.3331-3).

Elle s’applique aux bars, cafés, brasseries, restaurants avec bar, discothèques et tout type d’établissement proposant un service de vente d’alcool. Sans elle, impossible de proposer une carte complète à vos clients.

Quelles sont les conditions pour l’obtenir ?

Pour exploiter une licence IV, trois conditions doivent être remplies. Elles concernent votre situation personnelle, votre casier judiciaire et votre formation. Voyons cela dans le détail.

  • Première condition : être majeur et juridiquement capable. Pas de surprise ici, c’est la base pour gérer un débit de boissons.
  • Deuxième condition : ne pas avoir été condamné pour certains délits graves. La loi vise notamment le vol, l’escroquerie, le proxénétisme ou les infractions liées aux stupéfiants (source : Code de la santé publique – article L.3336-2). Un casier judiciaire vierge sur ces points est indispensable.
  • Troisième condition, et c’est la plus importante : suivre la Formation permis d’exploitation d’un débit de boissons. Ce permis est valable dix ans et constitue le document central de votre autorisation d’exploiter.

Sans ce permis, impossible d’ouvrir légalement votre établissement. C’est le passage obligé pour tous les exploitants, qu’ils rachètent une licence ou qu’ils reprennent un fonds existant.

Bon à savoir : Cette formation est dispensée par des organismes agréés par le ministère de l’Intérieur. Chez RH Reflex, nous proposons la Formation permis d’exploitation partout en France en format adapté aux professionnels en activité.

Comment obtenir une licence IV ?

Pour obtenir une licence IV, deux voies seulement sont possibles : racheter une licence existante ou la transférer depuis une autre commune avec l’autorisation du préfet. Il n’existe plus d’autre moyen légal d’en acquérir une.

  1. Le rachat d’une licence existante consiste à acheter la licence d’un titulaire. Selon votre projet, cela peut prendre trois formes : mutation (vous reprenez le fonds avec la licence, elle reste au même endroit), translation (vous déménagez la licence dans la même commune) ou transfert (vous la faites venir d’une autre commune avec autorisation).
  2. Le transfert depuis une autre commune permet de déplacer une licence d’une commune à une autre (au sein du même département ou vers un département limitrophe). Il nécessite l’autorisation du préfet après avis des maires concernés. Un transfert vers un département limitrophe n’est possible qu’une seule fois tous les 8 ans pour une même licence.

Je sais que ces termes peuvent sembler un peu techniques au début. Pour que ce soit plus clair, voici un petit tableau récapitulatif :

SituationNom juridiqueCe que cela signifie concrètementQui décide ?
Vous reprenez un établissement avec sa licenceMutationLa licence reste à la même adresse, seul l’exploitant changeMairie (déclaration préalable)
Vous déménagez votre activité dans la même communeTranslationLa licence suit votre établissement dans la même villeMairie (déclaration préalable)
Vous faites venir une licence d’une autre communeTransfertLa licence change de commune (même département ou département limitrophe)Préfet (après avis des maires)

À retenir : déclaration au moins 30-40 jours avant l’ouverture pour mutation et translation. Pour un transfert vers un département limitrophe, vous ne pouvez le faire qu’une seule fois tous les 8 ans pour une même licence. Pensez à vérifier les zones protégées avant tout achat ou déménagement.

Pièces à fournir (selon le cas) : permis d’exploitation, pièce d’identité, titre du local (bail ou propriété) et acte (vente, mutation ou transfert).

Dans tous les cas, vous devez déposer une déclaration préalable en mairie au moins 30-40 jours avant l’ouverture. Vous recevez un récépissé immédiatement. Le préfet dispose de deux mois pour émettre un avis. Passé ce délai sans réponse, votre dossier est accepté.

Attention : vérifiez auprès de votre mairie que votre local n’est pas situé dans une zone protégée (écoles, hôpitaux, stades). Le préfet peut refuser l’exploitation dans ces zones. Cela évite les mauvaises surprises après l’achat de la licence. 

Bon à savoir (Alsace-Moselle) : dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, la réglementation des débits de boissons relève du Code local des professions de 1900. Les licences y obéissent à des règles spécifiques. Renseignez-vous auprès de la préfecture pour connaître les démarches exactes.

Combien coûte une licence IV ?

En moyenne, comptez entre 30 000 € et 40 000 € pour acquérir une licence IV.

Son prix varie fortement selon la commune. Il dépend de l’offre et de la demande locale, du nombre de licences disponibles et de l’attractivité économique du secteur.

À ce coût d’achat s’ajoutent plusieurs frais à anticiper :

  • les droits d’enregistrement (minimum 25 €),
  • la déclaration en mairie (gratuite),
  • la formation obligatoire au permis d’exploitation (coût moyen 300 euros).

Dernier point : la licence IV reste un bien immatériel inscrit à l’actif de votre entreprise. Elle peut être revendue, mais sa valeur fluctue selon le marché local au moment de la cession.

Quelles obligations respecter et quels risques encourus ?

Une fois votre licence IV obtenue, vous êtes soumis à plusieurs obligations strictes. Leur non-respect expose à des sanctions lourdes, pouvant aller jusqu’à la fermeture administrative de votre établissement.

1. Ne jamais servir d’alcool à un mineur. C’est l’interdiction absolue. Toute vente à une personne de moins de 18 ans est passible d’une amende de 7 500 € et d’une fermeture administrative.

2. Respecter les horaires de vente autorisés. Ils varient selon les arrêtés préfectoraux et municipaux. Certaines communes imposent des restrictions nocturnes ou des interdictions spécifiques. Renseignez-vous en mairie avant l’ouverture.

3. Exploiter avec une licence valide. Votre licence doit être en cours de validité et rattachée à l’établissement exploité. À défaut, une fermeture administrative peut être décidée.

4. Ne pas négliger la formation obligatoire (permis d’exploitation). Vous devez renouveler votre permis d’exploitation tous les 10 ans via une formation de mise à jour de 6 heures.

5. Afficher les informations obligatoires. Affichez l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs et les prix. Aucun texte n’impose d’afficher la licence elle-même. Conservez votre récépissé et documents pour contrôle.

En cas de manquement, les sanctions sont progressives mais rapides. Le préfet peut prononcer une fermeture administrative temporaire (de 15 jours à 6 mois) ou retirer votre permis d’exploitation.

Les amendes vont jusqu’à 3 750 € pour une première infraction et 7 500 € en cas de récidive, avec des peines de prison possibles selon la gravité. En cas de récidive, les peines sont doublées.

Seule une décision de justice peut annuler définitivement votre licence. Le préfet ne peut pas le faire directement, mais il peut prendre des mesures qui rendent l’exploitation impossible.

Mon conseil : anticipez ces vérifications dès la recherche de votre local. Cela évite les mauvaises surprises après l’achat de la licence.

Je réponds à vos questions les plus fréquentes

Peut-on prêter ou louer une licence IV à un autre exploitant temporairement ?

Non, c’est strictement interdit. La licence IV est nominative et rattachée à un établissement précis. Prêter ou louer votre licence à quelqu’un d’autre équivaut à une exploitation illégale (source : Code de la santé publique – article L.3352-3). Seules les mutations (changement d’exploitant) ou les transferts (changement de lieu) sont autorisés selon les règles que je vous ai expliquées plus haut.

Un restaurant titulaire d’une licence IV peut-il servir de l’alcool sans repas ?

Oui, absolument. La licence IV autorise la vente de boissons alcoolisées sans obligation de repas. Vous pouvez donc exercer une activité mixte bar et restauration.

Le gérant est-il responsable si un salarié vend de l’alcool à un mineur ?

Oui, vous êtes pénalement et administrativement responsable. La loi impose au gérant de former et de contrôler son personnel (source : Code de la santé publique – article L.3342-1). En cas de vente à un mineur, vous risquez une amende pouvant atteindre 7 500 €, ainsi que la suspension ou le retrait de votre licence. Formez vos équipes régulièrement et rappelez-leur cette interdiction absolue.

Que faire si le récépissé de déclaration est perdu ?

Demandez un duplicata à votre mairie (ou à la préfecture de police à Paris). Les services conservent une copie de votre déclaration et du récépissé. Attention : l’absence de récépissé lors d’un contrôle peut être considérée comme une absence de déclaration, ce qui expose à des sanctions (source : Code de la santé publique – article L.3352-3).

Peut-on exploiter une même licence IV sur plusieurs établissements ?

Non, une licence ne peut être exploitée que sur un seul établissement à la fois. L’utilisation simultanée sur plusieurs sites est interdite. Si vous souhaitez ouvrir un second établissement, vous devrez acquérir une autre licence IV. Vous pouvez en revanche transférer votre licence existante vers un nouveau local, mais pas l’exploiter sur deux lieux en même temps.

Je veux tenir une buvette ou vendre de l’alcool sur un marché, il me faut une licence IV ?

Si vous tenez un stand, une buvette ou un camion-bar lors d’un événement, vous n’avez pas besoin d’une licence IV permanente. Une autorisation temporaire délivrée par le maire suffit, dans la limite de 5 jours par an (10 pour les clubs sportifs). Cette autorisation doit être demandée avant chaque manifestation.

infographie licence IV

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Yohan Rossi

Chef de cuisine et de pâtisserie, formateur en hygiène, passionné de bistronomie et de cuisine éco-responsable.